Le marché de la rénovation et de l’aménagement du logement entre dans une phase contrastée. D’un côté, l’activité globale d’entretien-amélioration montre des signes de reprise après une année 2025 difficile. De l’autre, le principal dispositif d’aide à la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’, voit son budget amputé, ce qui pourrait freiner les projets des ménages les plus modestes.
Un marché de l’amélioration de l’habitat qui repart doucement
Selon l’Observatoire Boréal 2026, réalisé par le Club de l’amélioration de l’habitat en partenariat avec le cabinet Xerfi Specific et présenté le 19 mars 2026, le marché de l’entretien-amélioration du logement devrait afficher une légère hausse de 1 % en valeur cette année, portée par une progression des prix estimée à 0,7 %. Cette embellie fait suite à un recul enregistré en 2025, période durant laquelle le segment de la rénovation énergétique avait été particulièrement touché, avec un marché en repli dans l’ensemble des régions françaises.
Cette reprise reste toutefois fragile et inégale selon les segments. Elle intervient alors même que les moyens publics consacrés à la rénovation énergétique se resserrent, ce qui pourrait limiter l’ampleur du rebond sur ce segment précis.
MaPrimeRénov’ : un budget en net recul pour 2026
Le projet de loi de finances 2026 confirme un recentrage du budget de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui pilote MaPrimeRénov’. L’enveloppe passe de 2 milliards d’euros en 2025 à 1,5 milliard d’euros en 2026, soit une baisse de 500 millions d’euros. Le plafond des dépenses subventionnables est lui aussi revu à la baisse, passant de 70 000 € à 40 000 € maximum pour les rénovations d’ampleur.
Les aides restent prioritairement fléchées vers :
- les ménages aux revenus les plus modestes ;
- les logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (les fameuses « passoires thermiques ») ;
- les rénovations « par gestes » ciblant en priorité la décarbonation du chauffage.
Pour compenser une partie de cette baisse de financement public, le gouvernement mise davantage sur les Certificats d’économies d’énergie (CEE), financés par les fournisseurs d’énergie plutôt que par le budget de l’État.
Un secteur de la rénovation énergétique déjà sous tension
Cette réduction budgétaire intervient alors que le secteur peine déjà à retrouver son souffle. Selon la note de conjoncture du premier trimestre 2026 de la CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), l’activité d’entretien-amélioration liée à la rénovation énergétique reste en difficulté depuis cinq trimestres consécutifs, avec un repli de l’ordre de 1,5 %. Les artisans du secteur redoutent qu’un budget d’aides plus restreint ne pèse davantage sur les carnets de commandes dans les mois à venir.
Pour les ménages qui envisagent des travaux d’aménagement ou de rénovation, l’enjeu est donc double : composer avec des aides plus ciblées, et anticiper les démarches administratives dans un contexte de forte demande sur les dossiers déjà en attente de traitement.
Ce qu’il faut retenir avant de se lancer
- Vérifier son éligibilité aux aides recentrées avant d’engager des travaux, notamment le classement énergétique du logement.
- Comparer les devis et solliciter les Certificats d’économies d’énergie, dont le rôle est appelé à grandir.
- Anticiper les délais, les dossiers MaPrimeRénov’ pouvant rester plusieurs semaines en instruction.
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Questions fréquentes
Le budget de MaPrimeRénov’ baisse-t-il vraiment en 2026 ?
Oui, le budget de l’Anah qui pilote le dispositif passe de 2 milliards d’euros en 2025 à 1,5 milliard d’euros en 2026, soit une baisse de 500 millions d’euros selon le projet de loi de finances 2026.
Qui reste prioritaire pour les aides à la rénovation énergétique ?
Les ménages aux revenus les plus modestes et les propriétaires de logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique restent la priorité des aides recentrées.
Le marché de la rénovation est-il en croissance ou en baisse en 2026 ?
Le marché global de l’entretien-amélioration du logement afficherait une légère hausse de 1 % en valeur selon l’Observatoire Boréal 2026, mais le segment spécifique de la rénovation énergétique reste en difficulté selon la CAPEB.
Sources
- Batiactu — Logement : le marché de l’entretien-amélioration devrait croître en 2026
- CAPEB — Note de conjoncture T1 2026
- Actif Confort — MaPrimeRénov’ 2026 : un budget en forte baisse

