Manger à heures fixes en semaine et beaucoup plus tard le week-end : ce décalage, baptisé « jetlag alimentaire » par les chercheurs, ne serait pas anodin. Une étude française publiée début septembre 2026 établit pour la première fois un lien statistique entre ce phénomène et un risque cardiovasculaire accru, mais uniquement chez les hommes.
Une étude de grande ampleur sur 14 ans
Menée conjointement par l’Inserm, l’Inrae, l’université Sorbonne Paris Nord, l’université Paris Cité et le Cnam, l’étude s’appuie sur les données de la cohorte NutriNet-Santé, qui suit plus de 100 000 volontaires français depuis 14 ans. Les résultats, publiés dans la revue scientifique Communications Medicine, montrent que chaque heure supplémentaire de décalage entre les horaires de repas de la semaine et ceux du week-end est associée à une hausse de 14 % du risque de maladies cardiovasculaires chez les hommes, et de 21 % du risque de maladies coronariennes.
Aucune différence significative n’a en revanche été observée chez les femmes, un résultat qui interroge les chercheurs sur les mécanismes hormonaux ou comportementaux propres à chaque sexe face à ces variations d’horaires alimentaires.
Trois profils de décalage identifiés
Les chercheurs distinguent trois catégories de comportements selon la manière dont les horaires de repas évoluent entre la semaine et le week-end :
- Avance : les repas sont pris plus tôt le week-end, avec en moyenne 2 heures d’avance sur la fenêtre alimentaire de la semaine
- Maintien : les horaires restent quasiment identiques entre semaine et week-end
- Retard : les repas sont décalés plus tard le week-end, avec en moyenne 1h40 de retard
C’est ce dernier profil, le plus répandu dans les sociétés où le rythme de travail impose des horaires stricts en semaine, qui concentre l’essentiel du risque identifié par l’étude.
Un rythme biologique à ne pas négliger
Ce constat s’inscrit dans une littérature scientifique croissante sur l’importance de la chronobiologie pour la santé cardiométabolique. L’organisme fonctionne selon une horloge interne qui régule non seulement le sommeil, mais aussi la digestion, la glycémie et la tension artérielle. Rompre cette régularité, même seulement deux jours par semaine, semble suffire à perturber ces équilibres sur le long terme.
Ce lien entre rythme de vie et santé n’est pas un phénomène isolé : il fait écho au paradoxe bien-être des Français, qui font davantage de sport tout en dormant moins bien, ou encore aux débats suscités par la pyramide alimentaire renversée outre-Atlantique, qui bouscule elle aussi les repères nutritionnels établis depuis des décennies. Une meilleure hygiène alimentaire reste par ailleurs un enjeu financier, alors que les Français scrutent de près l’évolution de leurs cotisations de mutuelle santé censées couvrir les conséquences de ces risques cardiovasculaires.
Les auteurs de l’étude appellent à des recherches complémentaires pour comprendre les mécanismes précis en jeu, mais recommandent d’ores et déjà, à titre de précaution, de limiter autant que possible l’écart entre les horaires de repas de la semaine et ceux du week-end, en particulier pour les hommes déjà exposés à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le « jetlag alimentaire » ?
C’est le nom donné par les chercheurs au décalage entre les horaires de repas pratiqués en semaine, souvent contraints par le travail, et ceux du week-end ou des jours de repos, généralement plus tardifs.
Qui est concerné par ce risque cardiovasculaire accru ?
L’étude, menée sur plus de 100 000 personnes suivies pendant 14 ans dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé, montre un effet significatif uniquement chez les hommes, sans différence notable observée chez les femmes.
Comment limiter ce décalage au quotidien ?
Les chercheurs recommandent de maintenir des horaires de repas aussi réguliers que possible tout au long de la semaine, week-ends compris, afin de préserver le rythme de l’horloge biologique interne.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

